Charles Profizi, au fil du temps...

Charles PROFIZI

 

Pupille de la Nation

SERVICES RENDUS

1°) Dans la défense du sol : 

Guerre 1939-1940 : dans une unité combattante: 15eme Rgt Tirailleurs Algériens

Prisonnier de guerre le 25 juin 1940, dirigé sur l’Oflag VI D en Allemagne.

Rapatrié sanitaire le 20 02 1941.

Engagé volontaire dans la Première Armée (septembre 1944) avec demande pour une unité combattante. Campagne d’Alsace et d’Allemagne. Démobilisé le 01-10-1945.

Chevalier dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur.

Chevalier dans l’Ordre National du Mérite….. (Décerné 33 ans après la proposition !)

Croix de Guerre 1939 (Etoile d’argent)

Croix de Guerre 1939-1945.

Croix du Combattant Volontaire (1939-1945)                                                                                                            

 Titre de Reconnaissance de la Nation.

 

2°) dans la Résistance : 

Membre del'ORA (Organisation Réristane Armée)

Ex combattant des FFI (Force Françaises de l’Intérieur) carte n° 9075 (sur 400 000)

Cofondateur des Maquis C3 et C5 du Vercors

Entré dans la Résistance le 3 novembre 1942 (à titre civil) sous l’autorité du commandant Cogny, futur Chef d’Etat-Major de l'O R A :  au maquis actif du Recoin de Chamrousse (Isère) Présence continue du 3 novembre 1942 au 23 avril 1943. 

Activité intense : camouflage, distribution et destruction d’armes et de munitions, en particulier un canon (de 47 ?) « Prêts » de mulets aux cultivateurs des alentours. Accueil d’une dizaine de réfractaires au STO et leur formation militaire.

A la demande du Commandant Cogny il s'est présenté comme ouvrier à la caserne du 2e RA à Grenoble il a récupéré et détruit des documents relatifs à la Résistance et à la mobilisation clandestine dissimulés dans une « cache » de la caserne. La caserne était tenue par les troupes d’occupation (début décembre 42)

Contacts avec des éléments de Résistance de Grenoble, de Vizille et de l’Ecole des Cadres d’Uriage. Constitution d’unités clandestines à partir d’officiers et gradés du 2e RA. Profizi est civil, pret à passer sa thèse.

Sous l’autorité du commandant Cogny, ils ont mis en place les premières structures de résistance, d’encadrement et formation militaire des premiers maquisards.

Le maquis ayant perdu sa sécurité à la suite de la désertion de trois maquisards, ils ont du le dissoudre et reformer un autre maquis. Avec leur accord, Sechi dit "Robert" et le Lt Regnier dit "Rodrigue" ont quitté le maquis Chanrousse début avril 1943 pour Autran et Gêves pour créer le C3 et le C5, les deux des premiers maquis du Vercors où ils ont combattu jusqu’aux journées tragiques. Ainsi, Cogny et Profizi sont co-fondateurs de deux Maquis du Vercors.

Son contact est rompu après l'arrestation du  Commandant Cogny par la Gestapo le 23 octobre 1943, ainsi que celle du général Verneau, du capitaine Couédic, l’essentiel de l’état major de l’ORA et plusieurs autres, suivie de leur déportation en Allemagne, et la mort de Verneau à Buchenwald.

Par la suite, contacté par différents éléments de la Résistance, il a remplacé pendant trois ou quatre mois en 1943 le docteur Marion médecin à Chalamont (Ain) qui, recherché par la Gestapo avait rejoint l'Angleterre. Le cabinet ayant reçu l’ordre de la Préfecture de fermer, il à du quitter les lieux.

Fin 1943, il a été contacté par Monsieur Paget, maire de Morez (Jura) qui lui a demandé de s'installer dans sa ville occupée par les Allemands, car la Résistance avait besoin de l’aide et de la confiance absolue d’un médecin.(Carte de membre des Forces Françaises de l'Intérieur n° 9075)

Pendant cette période, du début décembre 1943 au début à septembre 1944, outre les nombreux soins qu'il à pu donner aux Résistants locaux, il a caché son beau-frère, Jean Le Maout, astreint au S T O en Allemagne, et évadé de Cologne. (Il a fait fabriquer un divan à double fond pour le cacher en cas de danger).

Réquisitionné pour un conseil de révision pour le S T O, il a exempté le maximum possible de jeunes gens par de faux diagnostiques : (épilepsie, énurésie, diabète, suite de méningite, etc...)

Il a dépendu Mr Moureau, plombier de Morez qui avait été martyrisé, puis pendu à un pommier par les mongols qui occupaient la ville, les jambes cassées, le sexe mutilé. (juillet 1944)

Pendant cette même période, il a apporté assistance et à boire, accompagné d’une religieuse de l'hôpital, à Monsieur Paget, maire de Morez, qui était attaché, menotté depuis de très longues heures au soleil, sur la place de la Mairie, un cercueil à coté de lui. Interdiction de l’approcher était donnée par la soldatesque mongole qui tenait cette ville. La sentinelle était très menaçante… ils savaient qu'ils risquaient leur vie. (Coupure de journal ci-joint, qui rappelle le fait 50 ans plus tard !)

Le 18 aout 1944, il a été arrêté par les allemands avec 11 autres otages à la suite d'une attaque d'un convoi allemand par le maquis, sur la route de Morez aux Rousses, au niveau du tunnel du Turu. L’officier allemand s’est aperçu qu'il était le médecin de l’hôpital où quelques jours plus tôt, des blessés allemands et mongols avaient été amenés et soignés par lui. Profizi suppose que l'officier a pensé qu’il pourrait avoir besoin de lui et a très probablement changé son programme et a liberé les otages qui devaient etre fusillés. L’abbé Chalumeau, curé des Rousses, en soutane, qui avait été arrêté quelques minutes avant lui, a été assez rapidement libéré. Il s'est immédiatement rendu chez sa soeur pour lui dire la crainte qu'il soit fusillé. L’abbé Chalumeau a été fusillé trois jours plus tard le 21 aout 1944, avec dix sept otages dont plusieurs qui se trouvaient avec lui dans ce même tunnel. (Coupure de journal ci-joint)

Les allemands, réfugiés dans le tunnel, lui ont ordonné sous la menace d'une dizaine de fusils et mitraillettes, de faire exécuter un demi-tour au seul camion non atteint par les grenades (les deux autres brûlaient). Après cette manœuvre assez difficile, ils l'ont placé sur le capot pour se protéger, et il est arrivé ainsi à l'entrée de Morez où ils l'ont fait descendre.

 

3°) Dans la vie associative toulonnaise : 

Vice-président fondateur de Rhin et Danube du Var (1946) il a été Président de Rhin et Danube de1949 à 1953. Il a eu l'honneur sous sa présidence, de recevoir le Maréchal de Lattre de Tassigny à Toulon, qui a fait le rare et grand honneur de présider et partager le repas de l’Association. (Restaurant « Le Sourd » Bd du Littoral Toulon.)

Vice président de l’Association des Anciens Combattants Volontaires de Toulon.

Président fondateur du Tennis Club du Littoral,(1952). Installation de trois tennis et d’un club-house, sans aucune subvention.

Vice-président fondateur de la Sociétédes Régates de Toulon (1958) où il a organisé, entre autres, en 1966, le Championnat International de Stars (bateaux olympiques) .

Il a fait venir à Toulon la course nautique la "Giraglia" qui était à Saint Tropez et a organisé plus de dix fois cette course (San Remo - Corse - Toulon et vice-versa) qui était la plus grande course au large de la Méditerranée.

Il a donné bénévolement des cours de médecine pendant trois ans, aux infirmières de l’Ecole de la Croix Rouge de Toulon. (1948-1951)

Président fondateur de l'Association pour le Musée de Toulon (1981). A enrichi le Musée de toiles importantes d’art contemporain.

Il a été Conseiller technique, bénévole, pour la création du F R A C (Fond Régional d’Art Contemporain) de la Région Corse. (1986)

Il s'est rendu en mission humanitaire pendant quinze jours, à ses frais, avec onze médecins, dans différents sites en Centrafrique (1989).

Il s'est rendu en mission humanitaire, avec son épouse biologiste des hôpitaux, pendant quinze jours, à leurs frais, à Madagascar avec trois autres médecins. (mai 1991).Avec elle, ils ont récupéré 20 tonnes de matériel médical dans divers hôpitaux (Toulon-Marseille-Nevers-La Seyne) et les ont fait transporter par la Marine Nationale sur l'Albatros de Toulon à l'hôpital de Diego Suarez où le médecin commandant Szernovicz était le médecin chef.