Charles Profizi, au fil du temps...

Règles principales en matière d'élection pontificale

 

Pierre, l'apôtre non élu, mais appelé par le Christ, est le premier qui  figure sur l'Annuaire Pontifical Officiel. Le pape, Jean-Paul II, est le 264e.

Si la chronologie des papes est certaine, il existe des incertitudes sur les dates des premiers papes jusqu'au IIe siècle, en outre, certains,  au temps du grand schisme ont  été écartés ou déposés.

Jusqu'au Ve siècle, il  y  avait une rivalité entre les pouvoirs temporels et ceux du chef de l'Eglise ; 18 d'entre eux ont péri martyrs.

Pendant des siècles, l'Eglise a tâtonné pour se donner les règles du choix de leur chef. Jusque vers l'an 1000  les élections se faisaient par le clergé et par le peuple chrétien ; des partis se constituaient ; les luttes souvent acharnées; nécessitaient souvent l'intervention de l'armée. Très tôt, les empereurs et les rois ont été tentés d'imposer leur candidat, de sorte que la papauté tombait entre les mains des grandes familles. A Benoît VIII, succède son frère en 1024 Jean XIX et à ce dernier en 1032 succède son neveu âgé de deux ans Benoît IX !.

Au moyen age le couronnement des papes revêtait un cérémonial précis, qui pouvait durer plusieurs jours, dans un complexe de rivalité  avec l’empereur germanique.

C'est en 1059 sous Nicolas II que les premiers décrets commencent à mettre de l'ordre dans  les élections pontificales, et depuis, les modalités n'ont cessé d'être modifiées.

C'est au 3e concile de Latran, en 1179 que le décret pontifical de 1059 confie aux seuls cardinaux d'élire le Pape, et, la majorité des deux tiers des cardinaux présents est nécessaire.

  • Le Droit Canonique du 4e concile de Latran en 1215 distingue trois types d'élections :
  • Par bulletin secret, qui est le mode  ordinaire d’élection.
  • Par compromis : une commission d'arbitres composée d'au moins trois membres cardinaux choisissent le pape.
  • Par inspiration ou acclamation, c’est-à-dire par un accord verbal spontané et unanime.

L’annonce de l’élection pontificale se faisait par le doyen des cardinaux s’adressant au peuple  “ Ecce anuntio vobis gaudium magnum :habemus papam ” suivi du nouveau nom que le pape s’était choisi (certaine proclamations ont débuté par “ Habemus Pontificem… ” )

Le Souverain Pontife se rendait au palais du Latran où le prieur lui remettait les clefs de la Basilique, ainsi que la férule, bâton pastoral insigne de sa dignité de son autorité ; la férule contrairement à la crosse des évêques n’est pas recourbée.

Pie VII ayant vécu un conclave long et difficile à Venise,  avait laissé dans trois brefs,  secrets, ses instructions pour ses funérailles. Dans l’un il préconisait une élection rapide, par acclamation , aussitôt après sa mort, s’il était possible. Le Conclave considérant que ces brefs avaient été conçus dans une période très agitée, n’était plus applicable aux circonstances présentes, et les cardinaux décidèrent une élection à bulletin secret. 

Le conclave (origine : cum clave ; sous clef ) a été institué en 1274 par le pape Grégoire X. Cette règle consiste à enfermer les électeurs dans une chambre close jusqu’à ce qu’ils aient enfin fait leur choix ; il faut dire que certain conclave ont duré près de trois ans !.Cette claustration s’est produite pour la première fois à Viterbe pour la succession de Clément IV. Au bout de 2 ans et 9 mois, les cardinaux n’arrivant pas à un accord, le peuple s’impatiente. Le podesta et le capitaine de la ville  les enferment et les condamnent à l’eau et au  pain sec et font enlever la toiture de leur palais !.

Cette méthode s’est avérée excellente, le nouvel élu Grégoire X, l’érigea en règle. Elle est modifiée et appliquée  actuellement  selon les règles de Jean-Paul II promulguées dans la Constitution Apostolique Universi Dominici Gregis avec, bien sûr, de nombreuses adaptations. Les deux formes d’élection : par acclamation ou inspiration, et, élection par compromis ont été abolies. Le nombre des cardinaux passa de 60 à90.

Les deux tiers des suffrages de la totalité des électeurs présents sont requis pour la validité de l’élection. Après  le dépouillement des bulletins et leur vérification, ils sont brûlés. Le vote a lieu le matin et l’après midi et il est immédiatement suivi d’un second vote si le scrutin n’est pas suffisant.

Un élu peut être choisi en dehors du collège des cardinaux ; il lui est demandé de ne pas se soustraire à la dignité qui lui est confiée.

Paul VI fixa à 80 ans la limite d’âge pour participer à l’élection pontificale, et augmenta le nombre des cardinaux électeurs à120. Le Collège électoral s’élargit, mais  la présence italienne qui prédominait jusqu’à la moitié du siècle, est minoritaire actuellement. En 1964 il abandonne officiellement et solennellement la tiare.